Dominique Kirchner

Extrait de « DANS LA PEAU D'UN GITAN»


…  « Le ciel, sur notre tête, est un toit plein d’étoiles,

Un plafond lumineux aux lustres rutilants ;

Et le soir les embruns, comme de légers voiles,

Imprègnent notre esprit de songes indolents. » …


Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Dans le peau de..."

Extrait de « DANS LA PEAU D'UN PARANOÏAQUE »


« Le danger est partout, il plane sur ma tête,

Cet homme, dans la rue, est-il un imposteur ?

Il semble inoffensif avec son regard bête,

Mais, moi j’en suis certain, c’est un simulateur. » …

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Dans le peau de..."

Extrait de « DANS LA PEAU D'UNE PÉRIPATÉTICIENNE»

 

« Et dire qu’à vingt ans j’étais encor pucelle !

Quand je m’agenouillais, je priais le Bon Dieu,

Je voulais m’en aller à pied vers Compostelle. » …

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Dans le peau de..."

Extrait de « DANS LA PEAU D'UN MINEUR »

 

« J’ai passé tant de jours à vivre dans la nuit,

Une pioche à la main, sur le front une torche ;

À douze ans je poussais, sur ce triste circuit,

Des wagons gémissant comme un chat qu’on écorche. » …

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Dans le peau de..."

Extrait de « DANS LA PEAU D'UNE VIEILLE FILLE »

 

… « J’ai bientôt soixante ans, je n’ai jamais connu

La douceur d’un baiser, d’une tendre caresse ;

Vais-je donc vivre un jour la passion, l’ivresse,

Sentir contre ma peau le corps d’un homme nu ? » …

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Dans le peau de..."

Extrait de « DANS LE PEAU D'UN IMMIGRÉ »

 

… « Mon cher grand-père est mort, comme on dit « pour l’honneur »,

 Alors épargnez-moi, vous me rendrez service ;

En mil neuf cent quarante, il était tirailleur,

Alors qu’un nommé Pierre engendrait la milice. » …

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Dans le peau de..."

LE CHEF DE LA BASSE-COUR

   

Un grand coq arrogant, chef de la basse-cour,

En vain voulait séduire une petite poule ;

A longueur de journée il lui faisait la cour

Mais la belle fuyait, se perdait dans la foule.

 

L'orgueilleux animal, lassé de son échec,

Pour parvenir au but utilisa la ruse ;

Il dénicha des vers, les coinça dans son bec,

Les jeta sur le sol pas très loin de sa muse.

 

Celle-ci les trouva, voulu les attraper ;

Elle n'avait pas vu le vilain volatile,

Il était désormais trop tard pour s'échapper,

Décider de s'enfuir s'avérait inutile.

 

Elle fit donc semblant, mais il ne le sut pas,

De se laisser charmer, docile, sensuelle ;

Que la jolie enfin lui montre ses appas,

Pour tout dire il trouvait la chose naturelle.

 

Au bout de quelques mois, le coq avait maigri,

Sa crête se fripait, sa couleur était terne ;

Il en avait, c'est sûr, le caractère aigri,

Tous ses atouts virils se maintenaient en berne.

 

Il apprit par hasard, en fut tout chamboulé,

Que la poulette, à Dieu, venait de rendre l'âme ;

Il rageait comme un fou d'avoir été roulé,

Mais prétendait sur elle en rejeter le blâme.

 

Il venait de comprendre, ahuri, stupéfait,

Ces mots qu'elle avait dits lors de leur courte étreinte :

« L'on peut mourir, sachez, du mal que l'on a fait,

Vous le verrez tantôt, je laisse mon empreinte. »

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Le cri du corbeau "

 

LES FOUS

   

Ils traînent leurs souliers dans ce couloir étroit,

Ou bien restent assis, prostrés sur une chaise,

Quand d’autres, agités, d’un geste maladroit,

Pourchassent des démons qui dansent sur la braise.

 

Ils ne disent un mot, ou rigolent tout seuls,

Tiennent de grands discours, de paix, de violence,

Et derrière ces murs blancs comme des linceuls,

On entend quelque cri déchirer le silence.

 

Certains sont criminels et pourtant innocents ;

Si leur main a tué sans verser une larme,

Ils n’ont fait qu’obéir aux êtres tout-puissants

Martelant leur cerveau d’un énorme vacarme.

 

Comme dans une glace, on voit dans leur regard

Les craintes qui parfois perturbent notre somme ;

Et si la peur érige un immense rempart,

Surtout n’oublions point qu’un fou demeure un homme.

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Le cri du corbeau "

 LA RONDE DU TEMPS            Rondel

 

Je voudrais remonter le temps

Avec ardente frénésie,

Une pointe de fantaisie,

Transformer l'automne en printemps.

 

Vivre des moments palpitants

Exempts de vile hypocrisie,

Je voudrais remonter le temps

Avec ardente frénésie.

 

Apprécier tous les instants,

Que chaque jour je m'extasie ;

Demeurer en agérasie,

Apaiser mes désirs latents ;

Je voudrais remonter le temps.

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Le cri du corbeau "

 MAISON DE RETRAITE Sonnet


Dans la grande demeure, à l'ombre des tilleuls,

Sur des bancs sont assis (on croirait des touristes

Si ce n'était leur âge et ces sourires tristes)

Femmes aux blancs cheveux, vénérables aïeuls.

 

Et quand, dans le grand parc, ils nous semblent bien seuls,

Ce ne sont pas, oh ! non ! de vieux moines trappistes ;

Des hommes simplement, tous ces anciens artistes,

Ne creusant pas de tombe habillés de linceuls.

 

Ils connurent tantôt la bohème, la gloire,

Arrivaient de la rue ou du conservatoire,

Peintres, musiciens, poètes et acteurs.

 

Si leur âme est parfois pleine de nostalgie,

Les souvenirs toujours effacent par magie

Un imminent destin aux funestes odeurs.

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Le cri du corbeau "

 

TROUVERAI-JE UN PAYS ?      Gérardine

 

Je recherche un pays où les hivers sont morts, 

Mais j'ai beau voyager jamais je ne le trouve ;

Faut-il donc que je fasse escale à tous les ports,

Ou qu'enfin j'abandonne au fin fond d'une douve

Tous les maux de mon cœur rugissant sourds et forts ?

 

Dois-je laisser surgir la colère qui couve

Quand résonnent la guerre et les crimes de sang,

Ou taire à tout jamais la rancœur que j'éprouve ?

Devant tant de malheurs on se sent impuissant.

 

L'existence, ici-bas, pourrait être plus belle

Si du vaste univers le mal était absent,

Si chacun, pour des riens, ne se cherchait querelle.

 

La bêtise a jeté sur le monde ses sorts,

Alors je suis poète et mon âme étincelle.

 

J'ai trouvé ce pays où les hivers sont morts.

 

Dominique Kirchner

Tiré de mon recueil   " Le cri du corbeau "

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